Cette culture phénoménale prend beaucoup de temps dans la vie d’un lecteur assidu de mangas. Que l’on soit français, allemand ou japonais, on constate que les mangas nous font découvrir un pays, des coutumes, la culture japonaise et cela nous passionne. Toutefois, lire «trop de mangas» pourrait développer chez le lecteur une forme d’autisme. Au Japon, les spécialistes qualifient les fans de mangas obsessionnels les «Otakus», un terme créé par un écrivain au nom de Ako Nakamori. Ces personnes se replient du monde et ne vivent qu’à travers leurs collections, se déconnectent de la société pour se plonger dans le monde du “virtuel”, ils ne communiquent plus, et sont incapables de s’intéresser à autre chose qu’à l’objet de obsession. Un Otaku n’est pas forcement un fan de mangas mais peut-être une personne qui est fan des jeux-vidéos ou de films japonais. [1]
Comment s’est développé le comportement d’”Otaku”?
Au Japon, la société est rigide et stricte, le manga est utilisé comme outil de “régulation sociale”. Cette bande dessinée arrive à faire sortir ce que l’homme japonais ne peut pas extérioriser. Le manga est pour l’otaku «un dérivatif essentiel, un moyen d’évacuer la pression d’une société misant sur la performance et l’émulation, davantage que sur l’épanouissement personnel. Le manga devient un espace à soi, de liberté, permettant d’oublier le temps d’une lecture les contraintes d’un environnement étouffant imposé par la famille, l’école ou l’entreprise »[2]. Donc, c’est en s’éloignant trop de la réalité à travers le manga, qu’on peut s’enfermer dans ce monde et devenir un “Otaku”.
Que signifie être Otaku au Japon et en Europe ?
Etre un otaku au Japon, c’est être une personne dangereuse pour la société. De nombreux agresseurs et tueurs étaient des otakus. D’ailleurs, il pourrait vous arriver de trouver une famille d’accueil au Japon qui ne veut surtout pas de « personne lisant des mangas » car ils ne souhaitent en aucun cas se retrouver avec un fou antisocial.
En Europe, le mot otaku est très utilisé mais, il n’a pas la même signification et n’est pas péjoratif. Etre un otaku en Europe, c’est être un fan de mangas qui aime partager sa passion avec d’autres otakus. Néanmoins, bien que l’otaku européen partage sa passion, il se refugie en elle, également, ce monde reste relativement assez fermé.
Comment discuter avec un otaku de Sailormoon alors que vous êtes un otaku de Dragon-ball ? Heureusement la majorité des otakus européens ne lisent pas qu’une seule collection donc les discussions se poursuivent sur d’autres collections et les dialogues s’enchaînent sans s’arrêter, laissant de côté tout de même, ceux qui ne font pas partie de ce monde virtuel.
Caricature d’un Otaku [2]
[1]TILLON, Fabien. Culture manga. Paris : Nouveau Monde éd., 2006. p. 86
Beineix Jean-Jacques. Le cinéma du réel : Otaku ; Loft Paradoxe ; Assigné à résidence. M6vidéo : Cargofilms, 2006
La place du manga dans la culture pop japonaise. In :Guide phénix du manga. [S.l.] : Ed. Asuka. 87 p.
National Geographic France. Japon sous l’influence du manga. Arras : National Geographic France, 2007. 36-57 pp.
[2] PELLETIER, Philippe. Japon : crise d’une autre modernité. Paris : Belin, 2002. (Asie plurielle) p. 87
[...] Les conséquences de cette influence ? [...]