Depuis de nombreuses années le manga fait partie du quotidien d’un japonais. D’ailleurs c’est le fameux Osamu Tezuka qui a affirmé : «Nous vivons aujourd’hui une époque où la bande dessinée est comme l’air qu’on respire »[1]. Lorsque nous nous baladons dans une rue très fréquentée au Japon, il est ordinaire de trouver des panneaux publicitaires indiquant les dernières sorties de manga ou des dernières sorties des animations. Dans les pays francophones, il y a de plus en plus de librairies qui ont un secteur «manga », un phénomène de mode.
Au Japon, les services, les événements, les activités entourant le manga sont multiples et encore aujourd’hui d’autres services se créent. En voici quelques-uns :
Les mangakissas[2] ce sont des cafés ouvert 24/24 où l’on peut lire une multitude de mangas pour une somme modique. Ils se sont développés dans tous le pays depuis la crise qui a frappé le japon en 1990. Aujourd’hui ce type de service est utilisé par un public très diversifié. Les japonais ont un choix de lecture de plusieurs milliers d’exemplaires de mangas, classés par genre. L’usager peut même s’isoler dans un box. Les plus modernes offrent d’autres services en option : une connexion internet, des douches, des chemises blanches, des chaussettes et même des brosses à dents.
Ces services furent crées afin que les salaryman, mot signifiant « hommes travailleurs » puissent après une nuit de lecture, partir à l’aube avec des vêtements propres.
Leur succès inquiète les maisons d’éditions japonaises qui pensent que l’une des raisons de la baisse des ventes des mangas serait cette offre de consultation sur place, dans ces cafés ressemblant énormément aux bibliothèques. Dans les bibliothèques japonaises, on peut « emprunter » des mangas mais le choix est malheureusement trop restreint. Et si on le souhaite on peut également lire des mangas comme les « tachiyomi » qui lisent debout, dans les rayonnages des librairies mais on ne retrouve pas le même confort des mangakissas.
2. Les musées consacrés au manga
Au Japon, les musées[4] « manga » sont partout. Le plus important parmi tous les musées est situé dans le quartier Universitaire de Kawasaki, proche de Tokyo. Le personnel du musée expose des œuvres d’un mangaka ou bien d’un groupe de mangakas.
Chaque année, des dizaines d’expositions traversent le pays. Au printemps 2005, l’exposition des œuvres d’Osamu Tezuka se déplaça dans toutes les villes.
Au mois de novembre 2006, le « Musée International du Manga » se situant à Kyoto ouvre ses portes. Il est à la fois un musée, une bibliothèque, et son rôle principal est celui d’aider la recherche sur le manga. Il conserve une collection d’environ 200’000 mangas.
Le musée international du manga à Kyoto[6]
Expositions dans le musée international du manga[7]
· Qu’est-ce que c’est qu’un « mandarake » ?
Le mandarake[8] est une boutique qui vend des mangas d’occasions et des produits dérivés. Ces produits dérivés sont des figurines, des jeux vidéos, des cartes de jeux, des costumes de cosplay et des accessoires (perruques, gants, etc.).
Son fondateur se nomme Masuzo Furukawa. Ce jeune homme à l’époque, décide d’ouvrir un petit bazar à manga dans une galerie commerçante. Il vend des mangas usagés provenant des vides greniers. Puis de bouche à oreille, son commerce se fait connaître et de nombreux clients visitent sa boutique. Au fils des ans, il n’a plus besoin de « fouiller les greniers », les gens viennent à lui en lui donnant ce qu’ils possèdent dans le leur. Aujourd’hui, le mandarake est devenu un réseau de librairies d’occasions et on en trouve dans toutes les régions du Japon.
Les prix varient du très bon marché au très coûteux. Parfois, de très belles collections sont vendues dans ces boutiques à des prix très élevés comme les dessins originaux d’Osamu Tezuka qui dépassent les 30 millions de Yens, environ 400′ 000 francs suisse.
· Qu’est-ce que c’est que le cosplay ?
« Le cosplay[10] consiste à se travestir avec le costume de son personnage préféré » selon J. Schmidt et M. Delpierre. Le terme “cosplay” est une contraction des termes costume playing.[11]
Des fans créent et portent des costumes de personnages de mangas ou d’animation puis défilent ou posent pour plusieurs événements consacrés aux mangas. Une enquête a affirmé que ce sont principalement les adolescents qui se travestissent avec ce type de costumes pour affirmer leur différence.
Le parc d’Harajuku[12] est l’un des repères des fans de cosplay. Tous les dimanches une multitude de jeunes cosplayeurs portent leurs costumes et se font photographier par des photographes professionnels de revues spécialisées ou par de simples visiteurs.
Un bar cosplay // Bar Maid
Dans le quartier d’Hakihabara, se situe un bar cosplay. Les jeunes salarymen japonais viennent boire un verre après leur boulot ou après avoir dînés et sont servis par des jeunes femmes souvent étudiantes déguisées en personnages de mangas. Chaque jour, les serveuses portent un costume différent. On ressent l’ambiance de « la parfaite éducation japonaise ». Il est évidemment interdit toutes dérives sexuelles. Néanmoins, les jeunes japonais peuvent s’autoriser à prendre une photo avec les serveuses.
5. Le comicket : Le festival du manga
Le comicket[15] est le rendez-vous important de la culture manga au Japon qui se déroule deux fois par an.
La file d’attente pour accéder à ce festival du manga commence plusieurs jours avant l’ouverture. Environ 200’000 visiteurs y participent chaque année durant 3 jours.
Plusieurs cosplayeurs défilent sous les objectifs des photographes d’amateurs. Des apprentis mangaka de tout le Japon présentent leurs dessins et les commercialisent sur place. On trouve différents groupes, selon le manga qu’on préfère, très fermés et qui ont leurs propres codes de reconnaissances. (Le clan des « Sailor moon » ne va pas se mêler avec le clan des « Naruto »).
En Suisse, on retrouve ce festival sous le nom de « Polymanga ». En France, on retrouve de nombreux festivals se déroulant dans toutes les régions du pays mais le plus important est celui de la « Japan-Expo » se déroulant en juillet, à Paris.
Japan-Expo[17]
Ces types de services sont des points de rencontres importants entre les fans. Ils se retrouvent et se rencontrent, souvent, pour la première fois après avoir conversés depuis une année sur le net.
[1] GRAVETT, Paul. Manga : soixante and de bande dessinée japonaise. [S.l.] : Ed. du Rocher, 2004 [page de titre]
[2] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 88
[3] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 89
[4] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 138
[5] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 141
[6] KYOTO INTERNATIONAL MANGA MUSEUM. Functions of the museum [en ligne] http://www.kyotomm.com/english/about_3.html (consulté le 29 janvier 2007)
[7] KYOTO INTERNATIONAL MANGA MUSEUM. Introduction to the collected material [en ligne] http://www.kyotomm.com/english/about_6.html (consulté le 29 janvier 2007)
[8] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 98-103
[9] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 99
[10] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. 112-113 pp.
[11] TILLON, Fabien. Culture manga. Paris : Nouveau Monde éd., 2006. p. 140
[12] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 108-111
[13] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 109
[14] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 113
[15] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 162
[16] SCHMIDT, Jérôme. DELPIERRE, Hervé Martin. Op.cit. p. 163
[17] Japan-Expo. La foule. Photo prise par Melissa Paez.









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